Un parcours entre rigueur et création

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Laisser libre cours à mes mains

Parce que je n’aime pas faire comme tout le monde et surtout je n’aime pas faire ce que le monde me dicte, je vous livre quelques mots de mon parcours atypique, à la recherche de l’équilibre entre la ligne et la courbe.

L’histoire d’un parcours qui oscille entre la rigueur, l’exigence et la pression du monde financier et l’irrésistible besoin de laisser libre cours à ses mains.

Analyser des sociétés, les introduire en bourse, les aider à rechercher des financements. Parallèlement, mes mains, elles, ont toujours cherché un autre langage. Celui de la matière.

Un goût pour l’élégance, déjà là. Pas une révélation, ni un cheminement construit — une attirance nourrie depuis l’enfance. De la sculpture que je contemplais dans les musées, aux images léchées des BD, des films, des photos qui me bouleversaient. 

Créer a longtemps été un besoin discret, un fil rouge que je tissais dans l’ombre.

Partir en Asie pour trouver du sens. Se confronter à d’autres cultures, d’autres façons de penser, d’autres raisons de créer. Éprouver le bouillonnement de pays jeunes qui embrassent l’avenir avec enthousiasme. Travailler dans une galerie d’art, devenir guide au musée d’art contemporain, à la première Biennale d’art contemporain de Singapour, écrire des articles sur l’art, rencontrer des artistes, créer des objets, des visuels, des sites pour des artistes. Mettre sa rigueur, son professionnalisme, au service de créateurs purs.

De là, une nouvelle nourriture esthétique : les architectures contemporaines croisées en Asie, pures, audacieuses, minérales souvent, parfois naturelles empreintes de traditions. 

Puis revenir en France, nouveau choc culturel. Se laisser rattraper par la réalité économique. Travailler pour un producteur d’or. Envers du glamour que le précieux métal déclenche dans l’imaginaire collectif.

À nouveau, laisser les mains reprendre le dessus pour créer. 

Choisir la terre, pour l’évidence du retour au familier.  La faïence de Moutiers de ma grand-mère, les assiettes en grès au sel sur la table de mes parents, la passion de ma mère pour les plats en terre cuite, ont dessiné en creux un attachement instinctif à la matière, à sa chaleur, à sa présence.

Enfin, créer, d’abord dans la glaise la plus noble, la porcelaine, des parures, des bijoux, des objets, des tableaux, puis dans le grès des vases, des sculptures — morceaux de terre qui allient la courbe et la ligne, le volume et le mouvement. Laisser les mains raconter ma vision de l’élégance. Pour des instants de grâce. Pour que l’intérieur s’affiche à l’extérieur.

L’Atelier 

C’est ici que les pièces prennent forme. Lentement, précisément. À leur rythme._

L’atelier n’est pas un décor.

C’est un espace de concentration, de gestes répétés, de silences qui s’installent.

Les formes y naissent lentement.
Elles passent par l’esquisse, le test, le refus.
Par la terre trop sèche ou pas assez.
Par le regard qui doute, la main qui hésite, qui cherche, qui défait, puis recommence.

C’est un lieu d’attention extrême et de lâcher-prise à la fois.

Il y a les outils, pour graver, pour lisser, pour texturer, pour gratter
des, rouleaux, des poires, des couteaux
des pinceaux, pour la terre, la laque ou la feuille d’or

Il y a des tiroirs rempli de tests, d’échantillons en attente
Des oxydes, des colorants pour teinter la terre
Des moules qui s’empilent sur les étagères et sur le sol
Et bien sûr des terres, porcelaine ou grés, lisse ou chamotté, blanches ou colorées

C’est un lieu de solitude active.
Un lieu de création, où l’intention prend corps et la matière se transforme.

 » C’est là que les formes s’éprouvent.
Que les tensions prennent corps.
Que je cherche, en silence, un équilibre qui vibre. « 

01

CÔTÉ CÉRAMIQUE

Je travaille la porcelaine.

Une matière vivante, sensuelle, d’une blancheur lumineuse, presque vibrante.
Elle porte en elle une tension, entre délicatesse et résistance, douceur et exigence.

Je travaille aussi le grès, pour sa présence brute, ses textures, ses irrégularités, ses nuances minérales.

Ce qui m’importe, c’est l’émotion de la matière.
Ce qu’elle fait naître au regard, mais aussi au toucher.

Je cherche à faire vibrer les contrastes — entre lisse et rugueux, mat et brillant, blanc et or, douceur et aspérité.

Façonner, affiner, laisser sécher.
Poncer, reprendre, patienter.
Et puis cuire, sans jamais forcer.
Hâter le geste, c’est risquer la casse.

 

 

 

 

 

 » Travailler la terre,

c’est apprendre la lenteur « 

 » Sculpter l’épure

pour faire jaillir

le frisson de l’harmonie « 

Travailler la terre, c’est

Façonner, découper, mettre la terre en morceaux pour mieux la recomposer.

Laisser la porcelaine se faire liquide  et épouser des galbes élancés ou des géométries planes

Explorer le volume des formes tendues, les arêtes saillantes, la sensualité des courbes, pour faire émerger la force qui existe déjà, cachée dans la matière.

Toujours travailler la justesse de l’équilibre pour révéler l’essence.

Affiner, enlever, épurer pour intensifier.

Poncer, longtemps, pour effacer toute trace et ne laisser que la sublime douceur de la porcelaine sous la caresse,

Ou faire ressortir le grain du grés, pour tromper les apparences.

Dessiner des reliefs subtils pour interpeller doucement.

Creuser des anfractuosités, comme des fêlures, en écho au temps et aux peines.

Jouer des contrastes pour faire jaillir le frisson.

Travailler la terre, c’est

Façonner, découper, mettre la terre en morceaux pour mieux la recomposer.

Laisser la porcelaine se faire liquide  et épouser des galbes élancés ou des géométries planes

Explorer le volume des formes tendues, les arêtes saillantes, la sensualité des courbes, pour faire émerger la force qui existe déjà, cachée dans la matière.

Toujours travailler la justesse de l’équilibre pour révéler l’essence.

Affiner, enlever, épurer pour intensifier.

Poncer, longtemps, pour effacer toute trace et ne laisser que la sublime douceur de la porcelaine sous la caresse,

Ou faire ressortir le grain du grés, pour tromper les apparences.

Dessiner des reliefs subtils pour interpeller doucement.

Creuser des anfractuosités, comme des fêlures, en écho au temps et aux peines.

Jouer des contrastes pour faire jaillir le frisson.

 » Sculpter l’épure

pour faire jaillir

le frisson de l’harmonie « 

02

CÔTÉ DÉCOR

Mes pièces se parent de feuilles d’or.

Je cherche à créer un dialogue entre la matière et la lumière.  

L’or capte le regard, et donne un nouveau relief aux zones d’ombre. 

Une nouvelle perception des apparences se joue.  

Ensemble, terre et or se conjuguent pour devenir une pièce d’élégance singulière.

 » attraper 

la lumière 

par les ailes  « 

Travailler la feuille d’or, c’est

Apprivoiser la légèreté,

Retenir son souffle, parfois

Maîtriser la délicatesse

Jouer une symphonie de pinceaux

Faire scintiller la matière

Révéler la subtilité

Attraper la lumière par les ailes

Travailler la feuille d’or, c’est

Apprivoiser la légèreté,

Retenir son souffle, parfois

Maîtriser la délicatesse

Jouer une symphonie de pinceaux

Faire scintiller la matière

Révéler la subtilité

Attraper la lumière par les ailes

 » attraper 

la lumière 

par les ailes  « 

03

CÔTÉ MÉTAL

Parfois, le métal s’invite dans la terre.
Il s’insère, s’incruste, s’ancre dans la matière pour y faire naître un relief nouveau.

Le métal souligne, contraste.

Il ajoute de la matière aux courbes souples.

Là où la feuille d’or épouse le relief et l’éclaire, le métal impose sa texture — plus brute, plus hérissée.
Il donne à la porcelaine un éclat plus sauvage, une vibration animale.

Ensemble, la terre et le métal écrivent une autre grammaire du contraste.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Travailler le métal, c’est

Laisser l’outil prendre le pas sur les mains

Découper, scier, limer, souder

Apprivoiser le feu pour transformer la matière

Polir pour que le brillant du métal rehausse le mat de la porcelaine

Texturer le métal pour que la lumière accroche autrement

Travailler le métal, c’est

Laisser l’outil prendre le pas sur les mains

Découper, scier, limer, souder

Apprivoiser le feu pour transformer la matière

Polir pour que le brillant du métal rehausse le mat de la porcelaine

Texturer le métal pour que la lumière accroche autrement